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TEDxAmiens Salon : interview exclusive de Jean-Pierre Goux

TEDxAmiens Salon - Jean-Pierre Goux

À l’occasion du premier TEDxAmiens Salon qui aura lieu le 22 avril 2024, à partir de 18h à la Maison de l’Architecture (Amiens), notre invité et conférencier a répondu à quelques questions. Il s’agit de Jean-Pierre Goux, mathématicien, chercheur et auteur de plusieurs romans d’anticipations.

Jean-Pierre, qu’est-ce qui vous a amené à vous interroger sur l’évolution de l’espèce humaine au regard du risque environnemental grandissant et menaçant la planète ?

Cette idée m’est venue en recherchant la dernière fois où une espèce avait dépassé les limites planétaires. Cela n’est arrivé qu’une seule fois, il y a 2.3 milliards d’années, lorsque les bactéries ayant découvert la photosynthèse se sont tellement multipliées qu’elles ont failli mourir oxydées par les immenses quantités d’oxygène lâchées dans l’atmosphère. Pour surmonter cette crise, certaines bactéries se sont enfouies sous terre – comme le font certains milliardaires aujourd’hui qui achètent des îles pour construire des blockhaus – et d’autres sont restées à l’air libre et ont muté pour inventer la respiration, ce qui a ouvert la plus grande voie de développement du vivant par la suite. En observant ce phénomène, j’ai eu l’intuition que ces limites planétaires pourraient jouer un rôle similaire pour l’espèce humaine et nous faire évoluer vers Homo Biospheris, le successeur d’Homo Sapiens. Il me fallait encore trouver la forme de ce successeur qui permette de rendre la transition écologique irrésistible et désirable.

Y a-t-il eu un déclic particulier ?

Le déclic pour Homo Biospheris m’est venu en observant la couverture du Petit Prince. Depuis que je suis enfant, je m’étonne que le personnage d’Antoine de Saint-Exupéry est aussi grand sur une si petite planète. Je me suis alors dit que ce Petit Prince n’était pas un individu, mais un collectif planétaire constitué de milliards de petits individus et qui avait réussi à vivre en osmose sur sa petite planète,  et que l’avenir d’Homo Sapiens ne serait peut-être pas une évolution des individus mais de former un tel collectif, une sorte de méta-organisme de 8 miliards d’humains, Homo Biospheris, qui devienne un nouvel organe de la Biosphère. Cette hypothèse nous amène à nous demander quel est notre rôle, notre fonction, vis-à-vis de la Biosphère dont nous ne sommes qu’une partie. C’est la naissance d’Homo Biospheris que je raconte dans ma saga « Révolution bleue « .  Le premier tome, « La Petite Princesse », est très marqué par la pensée d’Antoine de Saint-Exupéry et s’appuie sur une lettre qui a refait surface fin 2021 où l’écrivain-aviateur avait promis à sa femme, quelques mois avant de mourir, d’écrire une suite du Petit Prince qui s’appellerait « La Petite Princesse ». Ce livre, qui est un thriller écologique et géopolitique, est baigné par la magie du Petit Prince. L’héritier d’Antoine de Saint-Exupéry, Olivier d’Agay, m’a fait l’honneur d’accepter d’en écrire la préface.

Votre venue à Amiens coïncide avec la Journée internationale de la Terre. Aimez-vous les hasards ?!

J’adore les hasards, et encore plus les synchronicités, c’est-à-dire des hasards qui prennent après coup un sens très profond. Je vous dirai dans quelques semaines si cette visite à Amiens a déclenché un bouleversement profond dans ma vie. En tout cas, la Journée de la Terre, chaque année le 22 avril, est une date très importante pour moi, même si je rêverai que chaque jour soit la Journée de la Terre.

Amiens est une ville pour laquelle vous avez forcément un regard particulier puisque Jules Verne est une grande source d’inspiration pour vous…

Je suis venu pour la première fois à Amiens il y a plus de vingt ans et j’avais eu la chance de faire une visite de la cathédrale avec Jean Macrez, qui se décrivait comme la dernière gargouille de la cathédrale. J’avais ressenti une impression très étrange durant cette visite, comme si toute cette cathédrale était vivante. Mais effectivement, c’est aussi la ville de Jules Verne, un de mes modèles. À mon humble mesure, je m’inscris dans la même démarche que lui, c’est-à-dire d’utiliser les dernières connaissances scientifiques de notre époque, pour proposer d’autres visions du futur. Tout le monde s’accorde sur le fait que son roman « De la Terre à la Lune », paru en 1865, a été l’inspirateur du programme Apollo. Sans Jules Verne et ce grand rêve, nous n’aurions peut-être jamais vu le visage en entier de la Terre. C’est donc un honneur d’être à Amiens pour la Journée de la Terre.

En quoi est-il important pour un chercheur et auteur d’aller à la rencontre des gens pour leur redire, finalement, ce qui est déjà écrit dans vos livres ?

En général dans mes conférences ou interventions, je ne parle pas de ce qu’il y a dans le livre, qui est une aventure à vivre, mais je parle plutôt des concepts ou de la genèse de ces idées et de la façon dont ces idées pourraient être déployées dans le monde réel. Et si Homo Sapiens décidait consciemment de devenir Homo Biospheris ? Ce serait la première fois qu’une espèce décide consciemment de son futur. C’est ce dont nous débattrons ensemble le 22 avril. En attendant vous pouvez d’autres informations sur ces idées sur le site de la Révolution bleue : https://www.revolutionbleue.fr.

Retrouvez Jean-Pierre Goux le 22 avril 2024 pour le premier TEDxAmiens Salon

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